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“L’Ivoirien nouveau, c’est celui qui peut avoir le doctorat et accepter d’être chauffeur”

Publié le: 09-08-2016 à: 18:08 Source: LE PATRIOTE

Le concept de l’Ivoirien nouveau est-il un mythe ou une réalité ? C’est autour de cette interrogation que la 1ère édition des Grandes conférences de la culture a croisé, mercredi après-midi au Palais de la culture, les réflexions de quatre panélistes de renom : Maurice Kouakou Bandaman, ministre de la Culture et de la Francophonie ; Venance Konan, directeur général de Fraternité Matin ; l’Abbé Norbert Abekan, curé de la Paroisse Notre Dame de la Tendresse de Cocody Riviera Golf ; El Hadj Diabaté Fousséni, journaliste-chef d’antenne de la radio islamique Al Bayane. L’objectif de cette table ronde, a dit d’entrée le ministre Bandaman, l’initiateur, c’est de restaurer le débat d’idées, replacer la pensée au cœur de la société. Ensuite, il a fait savoir que l’Ivoirien nouveau est un citoyen travailleur, discipliné, rigoureux et engagé à devenir un modèle. « Si le nouveau est recherché et désiré, cela veut dire que l’ancien a déçu et n’est peut-être pas l’idéal recherché », a ajouté le ministre de la Culture et de la Francophonie. Pour lui, le concept de l’Ivoirien nouveau se conjugue clairement avec le don de soi et la discipline. « Nous avons un peuple religieux qui fréquente les églises et les mosquées. Nous pouvons modifier les comportements par la parole », a souligné le ministre Bandaman, visiblement pas favorable à une thérapie de choc, comme ce fut le cas au Ghana, sous le régime militaire du président Rawlings, ou encore au Rwanda. A ses yeux, l’une des essences de l’Ivoirien nouveau, c’est le travail. « L’Ivoirien nouveau, c’est celui qui peut avoir le doctorat et accepter d’être chauffeur, car ce n’est pas dévalorisant. C’est celui qui peut comprendre que toutes les fonctions administratives sont saturées. C’est un homme travailleur qui n’attend pas toujours l’oncle ou la tante. C’est la prise de conscience individuelle », a-t-il expliqué, avant de souligner que l’Ivoirien nouveau sera un produit de sa culture, une culture de partage et de dialogue. « Les Ivoiriens doivent être les premiers en fraternité et en bonté », a conclu le ministre Bandaman. Pour Venance Konan, tant qu’on n’aura pas semé la discipline, le goût du travail, il n’y aura pas d’Ivoirien nouveau. La question essentielle, a-t-il estimé, c’est comment faire naître l’Ivoirien nouveau en renouant avec les vraies valeurs. Toutefois, le journaliste- écrivain reste surtout persuadé que non seulement il n’y a pas de délai pour devenir un Ivoirien nouveau, mais également que l’Ivoirien nouveau doit se construire lui-même. « Ne rêvons pas. Tant qu’il n’y aura pas d’Ivoirien nouveau, il n’y aura pas d’émergence », a martelé le patron de Fraternité Matin. Mais au fait quel est le regard du religieux sur le sujet ? L’Abbé Norbert Abekan est, lui, persuadé que l’Ivoirien nouveau doit être un jeune assez autonome, qui ne demeure pas les bras croisés face à l’adversité, et qui incarne des valeurs comme le respect de la femme, de la vieille personne, en plus d’être un homme ou une femme libre. Ce qu’il attend aujourd’hui, ce sont des actions concrètes et non la rhétorique autour de la philosophie qui enveloppe ce concept. Et Norbert Abekan d’asséner : « Il est temps que les paroles se taisent pour que les actes parlent ». Quatrième et plus jeune des intervenants, El hadj Fousséni Diabaté a fait savoir que l’Ivoirien nouveau est celui qui accepte de faire sa mue, de s’observer dans le tribunal de sa conscience, d’avoir le sens de la répartie et de faire une rupture nécessaire avec son passé. « La culture de l’exemplarité doit venir de la haut », a-t-il souligné. Non sans relever la bonne gouvernance, notamment la gestion rationnelle des ressources du pays, « élément majeur » pour l’avènement de l’Ivoirien nouveau. Cette première grande conférence de la culture a été enrichissante, avec en prime des débats de qualité. Sans passion ni excès.

Y. SANGARÉ 


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Le Ministre
Maurice Kouakou Bandaman
Ministre de la Culture et de la Francophonie

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